Hier soir, j’ai lu un message sur twitter m’invitant à suivre une discussion en directe : #nptalk, j’ai cliqué.

#NPtalk est un hashtag qui sert à référencer les messages d’une discussion organisée chaque semaine par NTen : Non profit technology network, un réseau de sensibilisation, de conseil et de promotion de l’utilisation des nouvelles technologies au service des organisations sans but lucratif.

Chaque mercredi, de 20h à 21h, vous pouvez vous connecter via twitter sur #nptalk et suivre une heure de questions/réponses avec un invité spécialiste du sujet et les membres de la discussion. Tout se fait sur twitter, voici le dispositif et quelques réflexions que cela m’inspire.

Communication avant, pendant et après l’événement

Pendant les heures précédents la discussion, plusieurs tweets sont émis pour annoncer le sujet et l’invité. Mais ce qui est essentiel également, c’est de faire circuler le hashtag #nptalk afin que les utilisateurs référencent chacun de leurs messages concernant le sujet et apparaissent ainsi dans la liste de message qui constitue la discussion.

Hier, le sujet portait sur les communications internationales à l’ère des médias sociaux. L’invitée était Amy Sample Ward, spécialiste de l’utilisation des technologies relationnelles au service des ONG. Dans un de ses tweets, Amy se décrit comme une utilisatrice enthousiaste des médias sociaux au service du changement social. Enfin, la modératrice de la discussion : @socialNicole, est membre de l’équipe de communication digitale de l’UNICEF à New York, structure qui organisait l’événement. Voici un des premier message de la modératrice :

Traduction ? Recommandation d’utilisation de la discussion : 1. Respecter le sujet 2. Utiliser Q1 et A1 pour référencer votre message par rapport à la question 3. Pas de promotion/vente 4. Envoyez vos question à @socialNicole sans utiliser #NPtalk.

Avec des règles aussi courtes et simple, tout l’intérêt de l’événement réside dans la participation des membres qui sont eux-mêmes supports de la communication sur l’événement pendant l’événement.

En effet, lorsqu’une dizaine d’utilisateurs de twitter assiste à cette discussion, que font-ils ?

  • Ils annoncent leur participation à la discussion à leurs abonnés en créant un message d’annonce original ou en retweetant le message d’un autre participant.
  • Aussi, comme ils sont tous intéressés et reliés à des personnes intéressées par les questions de communication des ONG, ils sont en mesure d’adresser des messages spécifiques à certains de leurs abonnés via la fonction @, ce qui garantit une  bien meilleure visibilité du message de la part de celui/celle à qui il est adressé.
  • Enfin, chaque fois qu’ils publient un message au cours de la discussion (en utilisant systématiquement #nptalk dans leur message), ils exposent leurs abonnés à la tenue de cette discussion, les invitant ainsi à rejoindre le canal sémantique #nptalk.

La discussion

Le début est marqué par des tweets de salutation/présentation : qui, d’où, quelle fonction, quelle organisation, quel intérêt pour le sujet ? En les lisant, vous vous faites une idée de qui est qui et vous découvrez des personnes que vous ignoriez mais qui s’intéressent à des sujets similaires, ce qui favorise votre veille et des discussions ultérieures.

Ensuite, la modératrice se présente et publie les recommandations d’utilisation.

Pour ce qui est du sujet de la discussion, on peut remarquer que la variété d’utilisateur et l’invitation à rediffuser le message donne lieu  à des re-formulations du sujet :

  • « Todays topic is International Communications »
  • « Engaging with staff and supporters across countries & continents »
  • « International connections through social media »
  • « Using social media to connect with a global audience »

A chaque fois l’idée est là, mais l’intitulé est bien remixé par les participants, ce qui n’a pas changé la précision des questions et l’intérêt des réponses.

Pour poser une question, il faut adresser un message @socialNicole sans utiliser #NPtalk. Ainsi, puisque les questions sont envoyées directement à la modératrice sans être référencé par le #, les questions subissent un filtrage ou une mise en ordre, en fonction d’un ordre de questionnement peut-être défini à l’avance.

Pour ranger les questions et les réponses Q1 et A1 sont utilisés en début de tweet. Mais ce qui est particulièrement intéressant, c’est que bien qu’il y ait une spécialiste (@amyrsward) qui répond aux questions, plusieurs participants répondent également aux questions et proposent des idées, des liens, des comptes twitter à interroger sur la question… Il n’y a donc pas un expert et un public, mais bien un public de participants plus ou moins expérimentés, qui pose des questions, mais propose également des réponses. Mais il faut préciser ici que le public concerné est assez homogène : tous les participants s’intéressent à la question de l’utilisation des médias sociaux pour les ONG.

Sur certaines questions, certains participants partent en conversation avec deux ou trois autres, ce qui peut rendre plus  difficile le suivie de la discussion. Par ailleurs, comme twitter a une mémoire d’une semaine de tweets uniquement,  @NPtalk se charge de mettre à disposition un archivage de la discussion. Cet archivage sera disponible  bientôt, grâce à l’outil Cover IT live. Pour voir un exemple de discussion antérieure sur les Donor Relationship Management and Fundraising Software (CRM) – Transcript of the 9/21/2011 #NPtalk.

Les conditions de réussite de l’événement

L’existence d’une communauté de membres qui sait que l’événement va être organisé est l’élément principal. Aussi, il faut que ce public soit ciblé et qu’il s’intéresse à la question traitée, afin de garantir qu’ils puissent apporter quelque chose à la discussion.

Mais l’écoute des échanges, la découverte des participants et des ressources proposées peut tout à fait satisfaire un utilisateur discret !

Il faut également que la communauté soit utilisatrice de twitter et qu’elle soit un minimum connectée à d’autres utilisateurs intéressés par ces questions.  Car cela ne fait qu’augmenter l’intérêt et la richesse des expériences et de points de vue qui nourrissent la discussion.

Le format d’une heure répété chaque semaine est idéal pour la création d’un rendez-vous et pour s’assurer que l’événement est de plus en plus connu et réunisse un nombre toujours plus grand de participants.

A la lecture des messages, il est évident que certains membres se connaissent déjà, s’entre-lisent par l’intermédiaire de sites, blogs ou twitter, et ont déjà eu l’occasion de discuter et de se rencontrer. S’il ne faut pas négliger la capacité de cette discussion à générer de nouvelles discussions, relations et accès à des ressources intéressantes.

Pour illustrer cela, voici un exemple : j’ai cité la plateforme dotsub dans un tweet en réponse à une question sur les possibilités de faire traduire des éléments par une communauté de volontaires en ligne. Pour ceux qui ne connaissent pas dotsub, il s’agit d’une plateforme de partage vidéo sur laquelle une communauté de volontaire traduit les sous-titres.

David Orban, CEO de dotsub, qui ne suivait le chat #NTtalk, mais qui mène visiblement une veille active des mentions de son entreprise sur twitter, m’a répondu que dotsub était, comme txteagle.com, une entreprise commerciale. J’en ai profité pour lui demander si dotsub dispose d’une politique spécifique pour les organisations sans but lucratif, il a répondu :

J’ai répondu que je n’avais pas de projet spécifique mais j’ai surtout envoyé ce message à destination des archives du chat #NPtalk. En espérant que cela serve à une ONG qui penserait à faire traduire ses vidéos en utilisant la bonne volonté des internautes.

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà assisté à une discussion sur twitter ? Avez-vous organisé ou pensé à organisé ce type d’événement ? Parlons-en !

Quelques conseils pour participer

Source : twitter chat participate sur socialnicole.com

  1. Utilisez le hashtag de la discussion pour participer.
  2. Utilisez tweetChat pour faciliter votre participation. Enregistrez-vous avec votre compte twitter, entrez le hashtag et vous y êtes. Chacun de vos messages est référencé automatiquement avec le hastag, ce qui permet de ne pas oublier de l’inclure et de se concentrer sur la discussion.
  3. Présentez-vous au début de la discussion, même si vous ne prévoyez que d’écouter.
  4. Respectez le format de question / réponse et les recommandations d’utilisation. Demandez-les si vous ne les connaissez pas. Certains chat se font sans règles d’usages, d’autres sont plus normés.
  5. Soyez utile et apportez votre aide. Préparez-vous à publier des liens vers des articles/compte twitter qui peuvent illustrer vos arguments.
  6. Invitez des membres de votre réseau à participer : ils s’enrichiront et enrichiront la discussion.
  7. Respectez le sujet et ne polluez pas le chat avec des messages sans rapport, ne tentez pas non plus de faire la promotion d’un service ou d’un produit.
  8. Rediffusez les messages que vous trouvez pertinents. Mais ne vous contentez pas de retweeter, recomposez les messages avec vos idées/expériences.
  9. Continuez d’utiliser le hashtag au delà du chat : #NPtalk est utilisé chaque jour par une communauté qui partage des informations sur l’utilisation des technologies digitales relationnelles au service du changement social
  10. Remerciez les membres de la communauté, particulièrement ceux qui ont publié les messages qui sont les plus pertinents pour vous.

L’intérêt ?

Si je n’ai pas réussi à vous donner envie de participer à la prochaine discussion, voici quelques arguments proposés par Nicole :

« Personnellement, je trouve que les chats twitter sont une façon incroyable de se connecter avec les gens qui ont des intérêts et des besoins semblables, pour partager des informations, renforcer son réseau et trouver des réponses à des questions. Un chat hebdomadaire comme #NPtalk rassemble une communauté à but non lucratif disséminée dans  le monde, et il a une capacité unique de construire une communauté de personnes qui pourraient difficilement se rencontrer autrement. La récurrence de l’événement permet à la communauté de poursuivre les échanges au delà du moment de la discussion. Les 140 caractères sont une limite de format et il est parfois difficile de suivre l’information pendant la discussion. Mais les chats sont archivés et ils peuvent servir de caisse de résonance, de lieu et de moment pour explorer des idées, poser des questions et d’ouvrir la réflexion. »

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